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PROGRAMME GROTIUS 2000 Présidence Portugaise de l’Union Européenne SEMINAIRE INTERNATIONAL SUR L’HARMONISATION DU CONTENTIEUX CIVIL EUROPÉEN Lisbonne (Portugal), Centro de Estudos Judiciários TITRE EXÉCUTIF (ou EXÉCUTOIRE) EUROPÉEN EXPOSE Par M. Franco De
Stefano, juge de l’exécution au Tribunal de Salerne (Italie)[i] Le développement de la compétence communautaire, comme
conséquence du Traité d’Amsterdam, exige que une partie conséquente de ce que
l’on appelle le 3eme Pilier de l’Union, c’est-à-dire les affaires de Justice
e des affaires interieurs soit transféré dans ce domaine. En
vertu de l’article 2 du Traité révisé, l’Union européenne se donne pour
objectif de maintenir et de développer un espace de liberté, de sécurité et
de justice au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes et
où les justiciables peuvent faire valoir leurs droits en bénéficiant de
garanties égales à celles dont ils disposent devant les tribunaux de leurs
pays. Dans le cadre du Plan d’action du
Conseil et de la Commission concernant la mise en oeuvre des nouvelles
dispositions du traité d’Amsterdam relatives à l’établissement d’un espace de
liberté, de sécurité et de justice, il est demandé que l’Union adopte des
mesures dans le domaine de la coopération judiciaire en matière civile et
commerciale nécessaires au bon fonctionnement du Marché intérieur. En effet, il doit être considerée essentielle
l’institution des conditions préalables pour la création d’un véritable
espace européen juridique commun, entre lesquelles prioritaire apparaît
l’intensification de la coopération judiciaire en matière civile. Telles conditions ont trait aussi bien au droit
matériel qu’aux règles de procédure, compte tenu qu’un rapprochement des
règles est objectivement plus difficile en matière de droit matériel, grâce
aux différences entre les systèmes des Pays membres : donc il faut facer
tout d’abord les initiatives en matière de procédure. Pourtant, même en matière de procédure une grande
diversité de racines de la procédure civile européenne, compte tenu des
systèmes franco-germains, anglo-saxons et ibériques, entrave une unification
et une systèmatisation totales: le rapprochement s’avère indispensable en ce
qui concerne certaines institutions
qui veillent à l’efficacité du droit matériel: c’est le cas des voies
d’exécution.
Face à ces difficultés, le but du Reglement est
d’établir quelques règles minimales pour harmonizer les différentes
procédures[1] :
mais cela constitue une simple amélioration des règles existants et donc ne
suffit pas.
En ce domaine, l’importance du lancement des travaux
sur un titre exécutoire (ou exécutif) européen a étée soulignée par le
Conseil Européen de Tampere[2],
tenu les 15 et les 16 octobre 1999, comme étape pour un’efficace mise en
œuvre du principe de reconnaissance mutuelle des decision judiciaires. Bien mieux, ce principe devrait devenir la pierre
angulaire de la coopération judiciaire (en matière tant civile que pénale) au
sein de l’Union; et il devrait être appliqué tant aux jugements qu’aux autres
décisions octroyées par des autorités judiciaires. La nécessité de mettre en chantier, sans retard, ce
projet du titre exécutoire européen a été confirmée par le Comité Economique
et Social, qui a adopté l’Avis de sa compétence sur la Proposition de Reglement
(CE) du Conseil concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et
l’exécution des décision en matière civile et commerciale[3].
Effectivement, la liberté de circulation des personnes
et des marchandises devrait comporter comme conséquence la liberté de
circulation des décision judiciaires en la matière, puisque la réalisation du
droit matériel est indispensable pou l’efficacité d’un système et même d’un
État. À cet égard, le meilleur droit matériel est sans valeur
réelle s’il n’est pas complété par une procédure qui garantit, au delà de la
simple constatation (ou même la solennel proclamation) des droits subjectifs,
une exécution forcée donnant au titulaire d’un droit, avec l’aîde des organes
compétents, tout ce qu’il peut justement demander, comme l’objet de son
droit. Le citoyen européen ne pourrait jouir des libertés lui
reconnues par l’Union que dans un véritable espace européen juridique commun,
où chacun soit en mesure de s’adresser aux tribunaux et aux autorités de son
propre Pays mais aussi aisément et sans entraves aux tribunaux et aux
autorités des autres États membres. C’est à dire que l’Union Européenne se donne pour
objectif de maintenir et de développer un espace de liberté, de sécurité et
de justice au sein duquel soit assurée la libre circulation des personnes et
où les justiciables puissent faire valoir leur droits en bénéficiant de
garanties égales à celles dont ils disposent devant les tribunaux de leurs
pays. Comme à Tampere on l’a dit, il faut que les jugements
et les autres décisions des juges d’un Pays de l’Union soient respectés et
exécutés dans l’ensemble de l’Union même: et cela pour assurer la sécurité
juridique fondamentale des particuliers et des opérateur économiques. Par conséquent, le bon fonctionnement du marché interieur
commun exige l’introduction de règles claires et simples en matière
d’exécution civile, si uniformes que possible: au préalable, en simplifiant
les formalités nécessaires à une reconnaissance et un exequatur rapide des
decision au moyen d’une procedure uniforme, simple et moderne; mais aussi bien en essayant de
mettre en mesure les créanciers d’obtenir un titre dans leur propre Pays et
depuis de le mettre en exécution d’une façon directe dans n’importe quel autre
Pays de l’Union. Néanmoins, la Proposition de Reglement confirme
malheureusement la nécessité d’obtenir préalablement la reconnaissance du
titre exécutoire, avant de l’exécuter dans un Pays de l’Union autre que celui
où il a été octroyé. En effet, la Proposition de Reglement indique comme titres
exécutoires toute décision ou autre titre considéré exécutoire selon la loi
du Pays d’origine, de toute façon après avoir été declaré exécutoire dans
le Pays d’accueil. De surcroît, on peut craindre que l’exequatur comme
formule ultérieure – c’est à dire, comme formule à écrire au bas de la page –
ne devienne qu’une formalité qui va s’ajouter à la procédure de
reconnaissance, comme un véritable alourdissement, si la procédure devant le
juge du Pays d’accueil reste en vigueur: en effet, une telle procédure est
encore nécessaire, les pouvoirs de réfuser l’exequatur ayant étés limités. Bien sûr, il faut souligner l’importance d’une
limitation des pouvoirs du juge chargé de prononcer l’exequatur. Par example,
il faut saluer la précision, quant aux dispositions dèrogatoires qui
permettent un recours contre la reconnaissance et l’exécution de sentences
prononcées dans un autre Pays membre, de la nécessité d’une manifeste
contrariété à l’ordre public; il est important d’établir aussi une
simplification de la procédure, mais, comme le Comité économique et social
l’a dit, cela ne suffit pas à créer un espace judiciaire performant. En effet, après avoir obtenu un titre exécutoire, il
faut encore recourir à la procédure d’exequatur, et depuis aux différentes
voies d’exècution prevues par les différents États membres. Le titre executoire européen répresente, au contraire,
une révolution, en tant qu’il serait susceptible de produire ses effets –
notamment le debut de l’exécution et donc la saisie du patrimoine du débiteur
– immédiatement, après l’octroi du jugement, sur l’ensemble du territoire
européen. Comme le Comité économique et social l’a demandé, il
faut mettre en chantier sans delai le projet d’un titre executoire européen,
en particulier dans les domaines le plus urgents: créances alimentaires,
retards de paiement, retards de salaires, non-paiement des salaires suite à
des faillites d’entreprises ...
Dans un premier temps, a été proposé par le Comité la
reconnaissance de la validité de ce titre executoire européen (exécutoire de
plein droit, sans qu’il soit subordonné à une procédure d’exequatur) pour des
créances non contestables. Pour faire admettre l’idée d’un titre executoire
européen, pourrait être proposée la mise en place d’une procédure européenne
de recouvrement des créances européennes selon des modalités identiques à
tous les États membres. Les conditions et le deroulement d’une telle procédure
pourraient se rapprocher de l’injonction à payer telle qu’elle existe en
Allemagne ou en France: à cet egard, pourrait être util de discipliner une
procédure commune d’injonction, fondée sur l’initiative du defendeur pour
empêcher que la décision acquière autorité de chose jugée. La géneralisation d’une telle procédure pourrait
rendre, à terme, la procédure d’exequatur inutile, dès lors que la décision
rendue répondrait, dans chaque État membre, aux mêmes conditions de mise en oeuvre. En d’autres termes, plutôt que de
parler de reconnaissance automatique, on pourrait parler d’une aptitude à
l’exécution directe des décisions (jugements ou autres actes des autorités
judiciaires) des juges civils de chaque Pays de l’Union; cela, par ailleurs,
ne serait que la conséquence evidente de l’abolition de toute procédure
intermédiaire de reconnaissance, car un titre exécutoire de plein droit dans
l’ensemble du territorie de l’Union n’a pas besoin d’aucune procédure, dans
le Pays d’accueil, car il est exécutoire dès qu’il a été octroyé, également
que dans le Pays d’origine. Ceci étant, la reconnaissance automatique – ou l’aptitude à l’exécution directe – des titres
peut avoir lieu au moyen de la complète identification des requises de forme
et de substance du titre executoire européen: qui peut l’octroyer, en quel
moment de la procédure devant le juge du Pays d’origine il peut être
mis en exécution, quelles règles de procédure doivent être respectées, ... En outre, le titre executoire européen pourrait – dans
un premier temps, en voie expérimentale – notamment concerner quelques
domaines : a)
Le cas où le montant
à payer ne depasse pas un plafond maximum (un certain seuil), fixé d’une
façon generale pour l’ensemble du territoire de l’Union; b)
les contrats des
consommateurs (si nécessaire, en décidant un toit maximum, c’est à dire un
certain seuil); c)
encore, les décisions
en matière alimentaire (relatives, par example, à décisions de divorce,
séparation des époux, ou, de toute façon, à l’entretien des enfants, bien que
des personnes incapables majeures) ou en matière de droits de visite (par
example, eu egard aux enfants confiés à l’un des parents divorcés ou
séparés); d)
les questions des
retards des paiements des salaires, surtout dans les affaires
transfrontalières, mais, si nécessaire au-dessous d’un certain seuil, pour
chaque travailleur de l’Union (au contraire, la question des non-paiement de
salaires suite à des faillites des entreprises pourrait devoir être
préalablement conçue de manière cohérente et globale par rapport aux
Conventions internationaux en matière de faillite). Évidemment, le sujet exécuté ne peut pas rester sans
garantie: mais ce devrait être à lui de former le contre-dit en temps utile,
en contestant le titre ou son exécution, après le commencement de
l’exécution même, au moyen d’un recours semblable à celui qui est prevu dans
la procédure d’injonction de payer pour la transformer – après la
notification de l’injonction-sommation – en une procédure normale. Le débiteur devrait pouvoir faire opposition seulement
devant le juge du Pays où le titre executoire européen a été octroyé et il ne
pourrait pas contester le fond de la question (ce que, du reste, n’est pas
possible même d’après les Conventions de Bruxelles et de Lugano). Même la
suspension devrait être demandée au juge du Pays d’origine, sauf le cas de
nullité de la procédure commencée dans le Pays d’accueil. Enfin, la nouveauté la plus révolutionaire pourrait
être la prévision, pour la partie interessée, de demander au juge qui est en
train de prononcer le titre exécutoire (et donc au juge du Pays d’origine,
devant lequel la procédure pende), de le déclarer expressément ‘’titre
executoire européen’’ , c’est à dire de lui confier le charge de valuer
la subsistance des requises de forme et
de substance prevues par les reglès européennes. Évidemment, cela implique une grande volonté
‘’unioniste’’ des Pays membres : qui devraient, comme ils l’ont
fait dejà fait en matière économique et monetaire, abdiquer – bien entendu
d’une façon tout à fait partiale – l’exercice du pouvoir judiciaire, le plus
caractéristique de la souveraneité comme traditionellement conçue. Par ailleurs,
il faudrait une grande, très grande confiance aux juges, aux autorités des
Pays de l’Union autres que le propre ; c’est à dire, une maturité
européenne extraordinaire. Donc, je veux ici à Lisbonne souhaiter que ma génération, née quand le monde était encore dividé par le rideau de fer, qui a pu voir plusieurs utopies devenir réalité, puisse voir cette dernière utopie européenne : un seul espace judiciaire, un seul système judiciaire, sans nécessité de vérifier toujours chez-soi quoi que chaque copain européen fasse, en confiant à ses autorités comme aux propres .
C’est
peut- être un rêve : mais l’euro l’était aussi... |
PROGRAMMA
GROTIUS 2000 Presidenza
Portoghese dell’Unione Europea SEMINARIO
INTERNAZIONALE SU L’ARMONIZZAZIONE
DEL CONTENZIOSO CIVILE EUROPEO Lisbona
(Portogallo), Centro de Estudos Judiciários TITOLO
ESECUTIVO EUROPEO RELAZIONE Di Franco De
Stefano, giudice dell’esecuzione presso il Tribunale di Salerno
(Italia)[ii] Lo sviluppo della competenza comunitaria, come
conseguenza del Trattato di Amsterdam, esige che vi sia trasferita una parte
consequenziale di quello che si chiama il terzo pilastro dell’Unione, cioè
gli affari di giustizia e gli affari interni. In forza dell’articolo 2 del trattato emendato,
l’Unione europea si pone quale obiettivo il mantenimento e lo sviluppo di uno
spazio di libertà, sicurezza e giustizia nel cui seno è assicurata la libera
circolazione delle persone e dove i titolari di diritti possono fare valere
questi ultimi beneficiando di garanzie uguali a quelle di cui dispongono nei
tribunali dei loro paesi. Nel quadro del piano d’azione del Consiglio e della
Commissione concernente la messa in opera delle nuove disposizioni del
trattato di Amsterdam relative all’introduzione di uno spazio di libertà,
sicurezza e giustizia, si richiede che l’Unione adotti misure nel capo della
cooperazione giudiziaria in materia civile e commerciale necessarie al buon funzionamento del mercato interno. Infatti, deve considerarsi essenziale l’istituzione
di condizioni preliminari per la creazione di un effettivo spazio europeo
giuridico comune, tra le quali prioritaria appare l’intensificazione di una
cooperazione giudiziaria in materia civile. Queste condizioni riguardano tanto il diritto
sostanziale che le regole di procedura, visto che un ravvicinamento delle
regole è obiettivamente più difficile in materia di diritto sostanziale, a
causa delle differenze tra i sistemi dei Paesi membri: dunque occorre
dapprima affrontare le iniziative in materia di procedura. Tuttavia, anche in materia procedurale la grande
differenza tra le matrici della procedura civile europea, considerati i
sistemi franco-tedeschi, anglosassoni e iberici, ostacola una unificazione ed
una sistematizzazione totali: il ravvicinamento si rivela indispensabile per ciò
che concerne alcune istituzioni che assicurano l’efficacia del diritto
sostanziale: è il caso dei mezzi di esecuzione. A fronte di queste difficoltà, lo scopo del
Regolamento è di stabilire alcune regole minime per armonizzare le differenti
procedure[4]: ma questo
costituisce un semplice miglioramento delle regole esistenti e dunque non è
sufficiente. In questo settore, l’importanza dell’avvio dei
lavori su di un titolo esecutivo europeo è stata ribadita dal Consiglio
Europeo di Tampere[5],
tenuto il 15 e il 16 ottobre 1999, come tappa per un’efficace messa in opera
del principio di mutuo riconoscimento delle decisioni giudiziarie. Anzi, questo principio dovrebbe diventare il
fondamento della cooperazione giudiziaria (in materia sia civile che penale)
all’interno dell’Unione; e dovrebbe applicarsi tanto alle sentenze che alle
altre decisioni rese dalle autorità giudiziarie. La necessità di mettere in cantiere, senza ritardo,
questo progetto del titolo esecutivo europeo è stata confermata dal Comitato
Economico e Sociale, che ha adottato il Parere di sua competenza sulla
Proposta di Regolamento (CE) del Consiglio concernente la competenza
giudiziaria, il riconoscimento e l’esecuzione delle decisioni in materia
civile e commerciale[6]. Effettivamente, la libertà di circolazione delle
persone e delle merci dovrebbe comportare come conseguenza la libertà di
circolazione delle decisioni giudiziarie relative, poiché la realizzazione
del diritto sostanziale è indispensabile per l’efficacia di un sistema e
persino di uno Stato. A questo riguardo, il miglior diritto sostanziale è
senza valore reale se non è completato da una procedura che garantisca, al di
là della semplice constatazione (o anche della solenne proclamazione) dei
diritti soggettivi, una esecuzione forzata che dia al titolare di un diritto,
con l’intervento degli organi competenti, tutto ciò che egli può richiedere
come oggetto del suo diritto. Il cittadino europeo potrebbe godere delle libertà
riconosciutegli dall’Unione solo in un effettivo spazio europeo giuridico
comune, dove ciascuno sia in grado di rivolgersi ai tribunali ed alle
autorità del suo proprio Paese ed altrettanto facilmente e senza ostacoli ai
tribunali ed alle autorità degli altri Stati membri.
Si vuol dire che l’Unione Europea si prefigge come
obiettivo il mantenimento e lo sviluppo di uno spazio di libertà, sicurezza e
giustizia al cui interno sia assicurata la libera circolazione delle persone
e dove i cittadini possano fare valere i loro diritti beneficiando di
garanzie uguali a quelle di cui dispongono davanti ai tribunali del loro
paese. Come si è detto a Tampere, occorre che le sentenze
e le altre decisioni dei giudici di uno dei Paesi dell’Unione siano
rispettate ed eseguite nell’insieme dell’Unione stessa: e tanto per
assicurare la sicurezza giuridica fondamentale delle parti e degli operatori
economici. Di conseguenza, il buon funzionamento del mercato
interno comune esige l’introduzione di regole chiare e semplici in materia di
esecuzione civile, il più uniforme possibili: in primo luogo, semplificando
le formalità necessarie al riconoscimento e ad un exequatur rapido delle
decisioni, per mezzo di una procedura uniforme, semplice e moderna; ma anche
cercando di mettere in grado i creditori di ottenere un titolo nel loro
proprio Paese e poi di metterlo in modo diretto in esecuzione in un qualunque
altro Paese dell’Unione. Nondimeno, la Proposta di Regolamento conferma
purtroppo la necessità di ottenere preliminarmente il riconoscimento del
titolo esecutivo prima di metterlo in esecuzione in un Paese dell’Unione
diverso da quello dove è stato emanato. Infatti, la Proposta di Regolamento
indica come titoli esecutivi tutte le sentenze o gli altri titoli considerati
tali secondo la legge del Paese di origine, comunque dopo che siano stati
dichiarati esecutivi nel Paese di destinazione. In più, si può temere che l’exequatur come formula
ulteriore – cioè, come formula da scrivere in calce alla pagina – possa
divenire una formalità aggiuntiva alla procedura di riconoscimento, di cui
finirebbe col costituire un vero appesantimento, se la procedura davanti al
Paese di destinazione rimane in vigore: infatti, una tale procedura è ancora
necessaria, essendo stati soltanto limitati i poteri di rifiutare
l’exequatur. Certo, va sottolineata l’importanza di una
limitazione dei poteri del giudice incaricato di pronunciare l’exequatur. Per
esempio, va salutata con favore la precisazione, quanto alle disposizioni
derogatorie che permettono un ricorso contro il riconoscimento e l’esecuzione
delle sentenze pronunciate in un altro Paese membro, della necessità di una manifesta
contrarietà all’ordine pubblico; è importante stabilire pure una
semplificazione della procedura, ma, come ha detto il Comitato economico e
sociale, questo basta a creare uno spazio giudiziario adeguato. Infatti, dopo avere ottenuto un titolo esecutivo,
occorre ancora ricorrere alla procedura di exequatur, e poi alle differenti
procedure di esecuzione previste dai differenti Stati membri.
Il titolo esecutivo europeo rappresenta, invece,
una rivoluzione, in quanto sarebbe suscettibile di produrre i suoi effetti –
soprattutto l’inizio dell’esecuzione e dunque il pignoramento del patrimonio
del debitore – immediatamente dopo l’emissione della sentenza, sull’insieme
del territorio europeo. Come ha chiesto il Comitato economico e sociale,
occorre mettere in cantiere senza ritardo il progetto di un titolo esecutivo
europeo, in particolare nei campi più urgenti: crediti alimentari, ritardi di
pagamento, ritardi di corresponsione dei salari, mancati pagamenti di salari
a seguito di fallimento delle imprese … In un primo tempo, il Comitato ha proposto il
riconoscimento della validità di questo titolo esecutivo europeo (esecutivo
di pieno diritto, non subordinato ad una procedura di exequatur) per crediti
non contestabili. Per fare ammettere l’idea di un titolo esecutivo europeo,
potrebbe essere proposta la messa in opera di una procedura europea di
recupero dei crediti europei secondo modalità identiche in tutti i Paesi
membri. Le condizioni e lo svolgimento di una tale
procedura potrebbero ravvicinarsi alla ingiunzione di pagamento come esiste
in Germania o in Francia: a questo riguardo, potrebbe essere utile
disciplinare una procedura comune di ingiunzione, fondata sull’iniziativa del
convenuto per impedire che la decisione acquisti autorità di cosa giudicata. La generalizzazione di una tale procedura potrebbe
rendere, alla lunga, inutile la stessa procedura di exequatur, in quanto la
decisione resa risponderebbe, in ciascuno Stato membro, alle stesse condizioni
di emanazione. In altri termini, piuttosto che parlare di
riconoscimento automatico, si potrebbe parlare di una attitudine
all’esecuzione diretta delle decisioni (sentenze e altri atti delle autorità
giudiziarie) dei giudici civili di ciascun Paese dell’Unione: e questo, del
resto, non sarebbe che la conseguenza evidente dell’abolizione di ogni
procedura intermedia di riconoscimento, perché un titolo esecutivo di pieno
diritto nell’insieme del territorio dell’Unione non ha alcun bisogno di una procedura,
nel Paese di destinazione, perché è appunto esecutivo da quando è emesso,
nello stesso modo che nel Paese di origine. Stando così le cose, il riconoscimento automatico –
o l’attitudine all’esecuzione diretta – dei titoli può aver luogo mediante la
completa identificazione dei requisiti di forma e di sostanza del titolo
esecutivo europeo: chi può emetterlo, in quale momento della procedura
davanti al giudice del Paese di origine può essere messo in esecuzione, quali
regole di procedura devono rispettarsi, … Inoltre, il titolo esecutivo europeo potrebbe – in
un primo tempo in via sperimentale – soprattutto riguardare qualche settore: a)
quando la somma da
pagare non superi un certo limite, fissato in via generale per l’insieme del
territorio dell’Unione; b)
i contratti dei
consumatori (se necessario, decidendo un tetto massimo); c)
ancora, le sentenze
in materia alimentare (relative ad es. alle decisioni in materia di divorzio,
separazione dei coniugi, o, comunque, al mantenimento dei figli, nonché delle
persone maggiorenni incapaci) o in materia di diritti di visita (per esempio,
con riguardo ai bambini affidati ad uno dei genitori divorziati o separati); d)
questioni sui ritardi
di pagamento dei salari, soprattutto negli affari transfrontalieri, ma, se
necessario fino ad un certo limite di valore, per ciascun lavoratore
dell’Unione (mentre la questione del mancato pagamento dei salari a seguito
del fallimento delle imprese potrebbe dovere essere preliminarmente concepita
in modo coerente e globale in rapporto alle Convenzioni internazionali in
materia di fallimento). Evidentemente, l’esecutato non potrebbe restare
senza tutela: ma dovrà spettare a lui instaurare il contraddittorio in tempo
utile, contestando il titolo o la sua esecuzione dopo l’inizio
dell’esecuzione stessa, per mezzo di un ricorso simile a quello previsto
nella procedura di ingiunzione di pagamento per trasformarla – dopo la
notificazione dell’ingiunzione-intimazione – in un una procedura normale. Il debitore dovrebbe poter fare opposizione soltanto
davanti al giudice del Paese in cui il titolo esecutivo europeo è stato
emesso e non potrebbe contestare il merito della questione (ciò che del resto
non è possibile nemmeno secondo le Convenzioni di Bruxelles e di Lugano).
Anche la sospensione dovrebbe essere domandato al giudice del Paese di
origine, salvo il caso di nullità della procedura cominciata davanti al Paese
di destinazione. Infine, la novità più rivoluzionaria potrebbe
essere la previsione, per la parte interessata, di chiedere al giudice che
sta per pronunciare il titolo esecutivo (e dunque al giudice del Paese di
origine, davanti al quale pende la causa), di dichiararlo espressamente
“titolo esecutivo europeo”, cioè di conferire a lui il compito di valutare la
sussistenza dei requisiti di forma e di sostanza previsti dalle regole
europee.
Evidentemente, questo implica una grande volontà
unionista dei Paesi membri: che dovrebbero, come hanno già fatto in materia
economica e monetaria, abdicare – beninteso in modo del tutto parziale –
all’esercizio del potere giudiziario, il più caratteristico della sovranità
come tradizionalmente intesa. Peraltro, occorrerebbe una grande, grandissima
fiducia nei giudici e nelle autorità dei Paesi dell’Unione diversi dai
propri: cioè, una maturità europea straordinaria.
Dunque, voglio qui a Lisbona augurare che la mia
generazione, nata quando il mondo era ancora diviso dalla cortina di ferro,
che ha potuto vedere molte utopie diventare realtà, possa vedere quest’ultima
utopia europea: un solo spazio giudiziario, un solo sistema giudiziario,
senza necessità di verificare continuamente presso se stessi quello che
ciascun consocio europeo faccia, con la stessa fiducia nelle sue autorità e
nelle proprie. E’ forse un sogno: ma lo era anche l’euro … |
[1] Voir les articles de 12.1 à 12.5 du
Rapport Storm et notamment : formalité de la signification du jugement,
possibilité d’adopter des mesures conservatoires comme garantie de
l’effectivité de l’exécution ; contenu des titres exécutoires ;
motifs d’opposition et conséquences des oppositions ; détermination du
patrimoine du débiteur ; régime commun pour la saisie, la vente et
l’indexation.
[2] V. Bulletin UE 10-99.
[3] JO C117/6, 26.4.2000.
[4] Si vedano gli articoli da 12.1. a 12.5 del Rapporto Storm e specialmente : formalità di notificazione della sentenza, possibilità di adottare misure cautelari come garanzia dell’effettività dell’esecuzione ; contenuto del titolo esecutivo; motivi di opposizione e conseguenze delle opposizioni; determinazione del patrimonio del debitore; regime comune per il pignoramento, la vendita e l’indicizzazione.
[5] V. Bollettino UE 10-99.
[6] Gazz. Uff. C117/6, 26.4.2000.
[i] M. Franco De Stefano est magistrat depuis seize ans, dont les premiers
quinze en qualité de Préteur (juge d’instance). Juge de l’exécution civile
depuis 1994, ainsi que juge civil en matière de baux d’habitation, est l’auteur
de quatre livres de procédure rédigés en italien : le premier porte sur
les sanctions administratives en matière de police ; le second sur
l’ordonnance d’injonction de payer et la procédure d’opposition ; le
troisième sur le voies de recours dans le procès civil ; la quatrième sur
l’instruction du procès civil italien après les reformes du 1990/1995.
[ii] Franco De Stefano è
magistrato da sedici anni, i cui primi quindici in qualità di Pretore. Giudice
dell’esecuzione civile dal 1994, oltre che giudice civile in materia di
locazione, è autore di quattro libri di procedura (scritti in italiano): il
primo concerne le sanzioni amministrative ; il secondo sul decreto ingiuntivo
e la procedura di opposizione ; il terzo sulle impugnazioni nel diritto
civile e il quarto sull’istruzione del nuovo processo civile italiano.